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Impacts

19/05/2009 - Lu 807 fois
AFFAMIR a déjà touché plusieurs milliers de personnes

AFFAMIR a déjà touché plusieurs milliers de personnes. Ses interventions ont permis de sauver des vies, d’améliorer les conditions de vie des populations de Penka Michel, de rompre le cercle vicieux de la pauvreté et d’instituer celui, vertueux, du développement, de redonner espoir aux bénéficiaires.

Témoignages


"Je suis heureuse de pouvoir travailler, faire ce genre de travail. Et je dois dire que je ne le fais pas pour le salaire comme j’ai entendu certaines personnes dire, mais parce que j’aime la mission de AFFAMIR. Mais ce n’était pas évident. Beaucoup de femmes, et nous les femmes des chefs surtout, ne faisons pas certaines choses comme participer aux réunions, travailler dehors, par peur d’être critiquées, battues et même répudiées par nos maris qui disent, par exemple, que nous sommes trop souvent dans la rue,  que nous avons trop souvent un avis personnel, que nous allons nous faire draguer par des hommes et nos collègues, que nous devons nous occuper des enfants parce que c’est notre travail. Nous perdons ainsi l’opportunité et le droit de travailler de manière égalitaire au développement de notre communauté. Pourtant nous avons bien envie de travailler dehors, de faire autre chose que cultiver la terre, de rencontrer aussi d’autres personnes pour discuter des choses qui nous concernent, d’assister aux réunions du village ainsi que celles organisées par les ONG comme AFFAMIR pour nous éduquer, nous aider à nous regarder dans le miroir, nous aider à sortir de la pauvreté dans laquelle nous vivons.  Lorsque j’ai été sollicitée par AFFAMIR pour conseiller les femmes du village, j’ai eu peur de la réaction de mon mari. J’ai envoyé AFFAMIR le voir et discuter avec lui car sans son accord je ne pouvais rien faire. Après plusieurs rencontres, il a accepté et, à ma très grande surprise, il m’a même encouragée à le faire lorsque je feignais de ne pas vouloir le faire pour voir s’il voulait vraiment que je fasse ce travail. Depuis, il me rappelle que je dois aller au travail lorsque je m’attarde un peu. La communication s’est améliorée entre nous, il me respecte aussi un peu plus et est très fier de parler de moi et du travail que je fais pour développer le village. Ceci a contribué à améliorer énormément l’image que j’avais de moi. Mon mari assiste aussi aux évènements qu’organise AFFAMIR et applaudit lors de mes interventions. J’ai aussi observé que les femmes du village me font de plus en plus confiance, me confient leurs difficultés, m’écoutent et me suivent. Ce qui est très important car je ne veux pas être la seule femme du village à faire ce genre de travail. Mon but c’est d’emmener toutes les femmes du village à rejoindre AFFAMIR afin qu’ensemble nous luttons plus efficacement contre la pauvreté.  Je veux qu’il y ait plus de conseillères, plus femmes leaders."

Maffo Béatrice, Conseillère AFFAMIR auprès des groupes de femmes.

D’après les Nations Unies, les femmes accomplissent 67% du travail dans le monde. Elles sont le plus souvent non rémunérées : les femmes ne gagnent que 10% des revenus mondiaux. De plus, ce sont presque toujours les femmes qui s’occupent des enfants et de la famille. Les femmes possèdent moins de 1% de la richesse mondiale, les hommes plus de 99%. Les hommes effectuent 37% du travail. Ce sont eux qui gagnent le plus : 90% de la totalité des revenus. Ils ne s’occupent des tâches domestiques que dans une petite mesure. 66% des femmes sont analphabètes contre 33% chez les hommes. Une juste répartition des tâches domestiques pourrait avoir et effectivement a des conséquences très positives aussi bien pour la femme, son époux que pour les enfants, la famille, la société toute entière…



"Avant, je rentrais toujours très tard du champ malgré tous mes efforts pour éviter cela. En fait, j’arrivais aussi tard au champ parce que je devais d’abord faire le  ménage à la maison, apprêter la nourriture pour mon mari et mes enfants, etc., ce qui réduisait sérieusement mes heures de travail au champ. Mais je ne pouvais pas sortir de la maison sans avoir fait ces travaux parce que personne d’autre n’allait le faire. Une fois ma journée champêtre terminée, je devais, avant de rentrer à la maison, ramasser du bois pour le diner du soir. Tout ceci faisait que j’arrivais à la maison lorsque la nuit était déjà totalement tombée, ce qui déclenchait inévitablement la colère de mon mari qui me frappait. Chaque fois je promettais de changer mais, le lendemain, je rentrais toujours tard des champs. Grâce aux campagnes de sensibilisation de AFFAMIR, mon mari et moi avons compris que cette situation était surtout due à la surcharge de travail que j’avais. Nous avons aussi appris que l’homme pouvait aussi faire certaines choses qui jusque-là étaient uniquement de la responsabilité de la femme. Depuis lors, mon mari a fait creuser un puits à la maison pour que ma coépouse et moi n’allions plus chercher de l’eau très loin. En plus, il nous accompagne régulièrement au champ et nous ramène à la maison avec sa moto, ce qui nous évite de parcourir d’énormes distances à pied. Il transporte aussi nos récoltes et nous aide à faire une partie du travail au champ comme le défrichage des parcelles à cultiver. Il nous ramène aussi souvent à la maison du bois, ce qui nous permet d’économiser un peu plus de temps. Ce temps économiser, nous l’utilisons pour faire autre chose, comme assister aux ateliers de formation de AFFAMIR, nous reposer, ou nous divertir.  Je peux dire que notre condition de vie a vraiment changé grâce à AFFAMIR."  

Julienne Mamba, membre d’un groupe de femmes de Penka Michel, et membre du CA de AFFAMIR

"Nous les femmes avons découvert que très souvent, nous n’avons pas tellement besoin des grands experts pour résoudre nos problèmes, que dans la plupart du temps et des cas, nous avons nous-mêmes les solutions à nos problèmes ou encore que celles-ci ne sont pas loin. Mais nous ne le savions pas jusqu’au jour où nous avons commencé, grâce à AFFAMIR, à nous retrouver pour parler. De nous. De nos hommes qui ne nous rendent pas toujours la tâche facile. De tout. Savoir que nous pouvons nous retrouver pour parler et non pas seulement pour pleurer à cause d’un décès, ou pour préparer des funérailles ou tontiner a été une très bonne chose. Parler. Voilà ce qu’il faut cultiver sans cesse, encourager car parler, c’est échanger. Les gens croient que nous les femmes ne savons rien, nous-mêmes aussi, pourtant c’est faux. Si ce n’est pas faux, dites-moi comment nous faisons pour que nos familles survivent ? C’est nous qui faisons tout dans nos ménages. Nous avons des connaissances en matière d’agriculture, de gestion des personnes qui ne sont pas utilisées."
Mamoube Elise

"Je vends des bâtons de manioc tous les jours du marché. J’ai commencé cette activité grâce à un crédit que j’ai pris à la Coopérative d’Epargne et de Crédit de Banéghang. C’est grâce à AFFAMIR que j’ai su que je pouvais prendre ce crédit. Avant le crédit, je n’allais même pas au marché car je n’avais rien à vendre, et pas d’argent pour acheter quoi que ce soit. Je pouvais difficilement nourrir mes enfants malgré mes efforts pour cultiver ma petite parcelle de terre. Maintenant, je suis très heureuse car non seulement je peux bien nourrir mes enfants, mais je  gagne aussi de l’argent, pas beaucoup mais suffisamment. Mes enfants ne pleurent plus de faim et ne tombent plus malades parce qu’ils mangent bien et assez. Je peux même couvrir d’autres besoins de ma famille comme, par exemple, la scolarité de ma première fille que je peux payer maintenant. Elle n’allait pas à l’école avant par manque d’argent. A dix  ans. Depuis qu’elle va à l’école, elle est très épanouie, parle bien le français et n’est plus complexée devant les autres enfants du village. Moi aussi j’ai gagné du respect auprès de mes voisins. Je voudrais développer mon activité. Mais il me faut un crédit plus important. AFFAMIR m’a conseillé d’intégrer un groupe de femmes pour pouvoir prendre ce crédit et bénéficier aussi  d’autres services qu’elle offre ainsi que la Coopérative d’Epargne et de Crédit."

Tonpowo Elise, bénéficiaire de crédit.

Il est important, vital de faire comprendre aux populations qu’elles doivent éduquer leurs enfants, tous leurs enfants car la connaissance c’est le pouvoir, et le pouvoir c’est la liberté. Le pouvoir de dire non aux usuriers, non à la pauvreté, à l’escroquerie, le pouvoir de défendre ses intérêts lorsque ceux-ci sont menacés. La liberté de faire ce qu’on veut sans crainte de représailles.

"Avant l’intervention de AFFAMIR, nous étions entre les griffes des usuriers qui nous prêtaient de l’argent à des taux d’intérêts impossibles, à rembourser dans de trop brefs délais. A cause de ceci, presque tous ceux qui recouraient à eux ne remboursaient pas et se voyaient dépouillés de leurs maigres biens. C’était vraiment très difficile. Mais, depuis, la situation a changé. Radicalement. Grâce à AFFAMIR qui nous a appris qu’il y avait d’autres opportunités dans le village que nous pouvions saisir. AFFAMIR nous a dit que nous pouvions prendre des crédits pour résoudre nos problèmes sans nous ruiner. Et elle nous a  montré comment nous y prendre. Nous prenons toujours des crédits mais maintenant à des taux très bas, que nous remboursons sur une période raisonnable allant jusqu’à un an. Ce qui était impensable avant. Et nous dormons en paix sans craindre que la gendarmerie ne vienne nous jeter dehors et vendre nos maisons. Les usuriers essaient de nous décourager afin que nous n’allions plus prendre des crédits à la Coopérative. Ils disent que c’est des sorciers qui veulent nous attirer et nous tuer ainsi que nos enfants et nos familles. Mais nous tenons bon car nous savons que c’est faux. La prochaine étape serait que AFFAMIR nous apprenne à dire non à ces usuriers sans crainte de représailles."

Maman Ndi, 70 ans.

« On ne naît pas femme, on le devient. », avait dit Simone de Beauvoir. Et avec raison. En effet, on naît de sexe masculin ou féminin. Mais la société fait de nous un homme ou une femme. Avec des rôles sociaux bien définis pour chacun, que la famille, l’école, la société, l’Etat s’emploient ensuite à perpétuer de génération en génération, chacun à sa manière. Ce qui veut dire que le genre n’est finalement qu’une construction sociale. Ce n’est pas le fait de la nature. En fait, ce n’est pas Dieu qui définit le genre de relations qu’il doit y avoir entre les hommes et les femmes ; entre les employeurs et leurs employés ; entre le Nord et le Sud ; entre le Centre et la périphérie, etc. Ce n’est pas lui qui dit que les femmes ne doivent pas hériter, ni occuper certains postes de responsabilité. Ce n’est pas lui non plus qui nous dit de donner des poupées à nos fillettes et des jeux vidéos, des voitures ou des fusils aux petits garçons. Pour perpétuer ces rôles traditionnels. Savoir que ceci peut changer, et surtout que nous pouvons  changer cette situation est fondamental pour la lutte contre les inégalités sociales. Savoir cela peut être un formidable levier pour nous mettre définitivement sur le chemin qui nous conduira vers notre épanouissement et nous y maintiendra.

"Depuis que je suis née, j’ai toujours entendu dire que la femme est faite pour la cuisine, le champ, pour faire des enfants. Faire à manger à son mari. A ses enfants. Accepter que son mari prenne autant de femmes qu’il le veut, même s’il ne s’en occupe pas après. Ce n’est pas grave. A partir du moment où il les garde chez lui, elles doivent s’estimer heureuses parce qu’une femme célibataire ou répudiée est une sous femme. Ma mère me le dit, mon père, mes frères et sœurs, les voisins, tout le monde. Et c’est ce que nous les femmes nous faisons parce que nous trouvons cela normal. Lorsque tu essaies de faire autrement, de lever la tête, tu subis immédiatement des critiques, des coups même. Des rappels à l’ordre. Une femme se tait et obéit. Je crois que nous nous taisons,  obéissons et acceptons même l’inacceptable parce que nous ne savons pas qu’on peut faire autrement. Parce que nous ne connaissons pas nos droits. Si les femmes savent qu’elles peuvent dénoncer ces abus dont elles sont victimes, revendiquer leurs droits, et être écoutées et soutenus dans cette revendication, elles n’accepteraient pas n’importe quoi. Elles ne trouveraient plus normales ces injustices et cette discrimination. Le travail que AFFAMIR fait est très important : réveiller la conscience des femmes et des hommes afin que tous voient ces injustices et comprennent que nous pouvons construire des relations plus égalitaires entre hommes et femmes. C’est de cela que nous parlons lors de nos réunions de travail avec AFFAMIR et d’échange avec d’autres groupes de femmes."

Nobossi Odette, enseignante et membre d’un groupe de femmes.
 

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