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Formation et éducation

18/05/2009 - Lu 1040 fois
Volet renforcement des capacités, Formation et éducation

« Il est important, je dirais même qu’il est vital de renforcer les capacités des populations, les aider à faire sortir et utiliser rationnellement ces connaissances qui sommeillent en elles afin qu’elles soient à mesure de se prendre en charge elles-mêmes. Il faut le faire  parce que les connaissances c’est le pouvoir, le pouvoir de..., le pouvoir avec… Le pouvoir c’est aussi l’argent, et l’argent c’est les revenus et l’indépendance. Les connaissances c’est l’indépendance. La liberté. ». Céline Sika.

Si, pour plusieurs d’entre nous l’accès à l’éducation, au capital et aux soins et informations relatives à notre santé va de soi, pour plus de la moitié des habitants de notre planète ceci est encore un… rêve. En conséquence, 1 milliard de personnes dans le monde ne savent ni lire ni écrire. Des millions de femmes de part le monde n’ont pas accès aux biens et facteurs de production, et des millions de personnes n’ont pas accès à l’éducation et à la formation et ne peuvent conjuguer aucun verbe au futur parce qu’elles n’ont pas les moyens de maîtriser et contrôler leur sexualité, leur corps, leur vie.

En Afrique, et au Cameroun en particulier, la situation n’est pas meilleure. Chaque jour,  un nombre incalculable d’enfants en âge d’aller à l’école  prennent le chemin des champs, des marchés ou simplement… la rue. Ils devraient être dans des salles de classe. Mais ils n’ont pas de choix. Ils doivent contribuer à l’entretien de leur famille, servir de baby sitter à leurs plus jeunes frères et soeurs, ou chercher leur propre pitance.



Des enfants de Penka Michel, encore tout petits, mais déjà responsabilisés...

Des milliers de jeunes filles tombent enceintes tous les jours sans compter tous ceux qui  attrapent les infections sexuellement transmissibles chaque seconde qui passe parce qu’ils ne peuvent pas contrôler leur sexualité. Des femmes voient leurs enfants dépérir à petit feu parce que leur statut ne leur permet pas d’accéder aux biens et facteurs de production –terre, capital, information, formation, etc.- et aux récoltes, et la possibilité de s’en sortir s’éloigner à grand pas parce qu’elles n’ont pas les moyens de les nourrir convenablement, leur offrir un toit décent, leur assurer de bons soins de santé, les envoyer à l’école. En un mot, parce qu’elles n’ont pas les moyens de s’attaquer aux causes structurelles de la pauvreté. C’est une situation malheureuse et extrêmement préjudiciable parce qu’elle brise des vies, enlève la dignité humaine, empêche la scolarisation des enfants, gaspille des ressources humaines, freine le développement durable des individus et de leur communauté.

Sans renforcement des capacités, ces populations briseront difficilement le cercle vicieux de la pauvreté qui se referme chaque jour un peu plus sur elles et leurs familles. 

Le renforcement des capacités pour un développement humain et économique durable

AFFAMIR a choisi de renforcer les capacités des populations de Penka Michel les plus défavorisées et discriminées –les femmes et les enfants- afin qu’elles puissent prendre en main les commandes de leur destin. Les projets, qui prennent particulièrement en compte la problématique genre  -besoins spécifiques des femmes, besoins pratiques et stratégiques, priorités- intègrent la promotion de la femme et  de l’éducation.

Pour assurer la durabilité des projets qu’elle réalise avec ses partenaires, AFFAMIR travaille avec les bénéficiaires qu’elle encourage –les femmes surtout- à s’impliquer activement dans leur gestion -depuis la programmation jusqu’à l’évaluation en passant par la planification, l’exécution et le suivi- pour une meilleure appropriation. Et, afin de maximiser leur impact sur les populations bénéficiaires, AFFAMIR noue des partenariats avec des organisations locales plus à même de comprendre les besoins de celles-ci.
 

  • Formation et renforcement des capacités

Cette activité se traduit essentiellemnt par:


-des ateliers de renforcement des capacités entrepreneuriales et managériales des dirigeantes des associations de femmes rurales.
-des ateliers de renforcement en communication  participative du personnel de AFFAMIR.
-des ateliers de formation des femmes rurales en techniques modernes d’agriculture et en techniques d’utilisation sans risque d’intrants agricoles, conservation des produits agricoles, fertilisation du sol, etc. Et champs de démonstration agricole.
-la sensibilisation d’élèves du primaire et du secondaire sur les risques liés à une sexualité précoce et non protégée.
-la vulgarisation de l’outil informatique en milieu rural.
-des séminaires de recyclage des enseignants de la maternelle et du primaire.


Atelier de formation des femmes sur le stockage et la conservation des produits agricoles, et sur la gestion des crédits

Témoignages


Des projets qui répondent et satisfont effectivement les besoins des femmes afin de contribuer à instaurer des rapports plus égalitaires entre les hommes et les femmes. Voilà de quoi les femmes ont besoin. C’est pourquoi il est vital d’intégrer la dimension genre dans tous les projets, à toutes les étapes du cycle du projet.

  "…Je suis couturière au carrefour Banéghang depuis quelques années. Je me suis formée à Douala mais après ma formation, je n’ai pas voulu y rester parce que ce n’était pas facile d’y trouver un emploi ou de m’établir à mon compte. Je suis donc rentrée au village où, avec l’aide de ma famille, j’ai pu ouvrir mon atelier. Mais je sais que les choses avancent vite dans le monde de la couture, que même au village, les clients sont exigeants parce qu’ils voient ce qui se passe dans le monde grâce à la télévision. C’est pourquoi il est important de se mettre à jour. Grâce au cours d’informatique organisé par AFFAMIR pour les jeunes, je vais pouvoir dessiner facilement mes modèles et apprendre à surfer sur Internet pour apprendre davantage la couture.

Grâce à AFFAMIR aussi, j’ai su qu’il est important d’épargner et surtout d’avoir un compte bancaire pour mieux contrôler ses ressources économiques. J’ai aussi appris à épargner franc par franc. Ce n’est pas facile mais je commence à le faire. Bientôt je vais ouvrir moi-même un compte personnel pour épargner et agrandir, améliorer mon atelier."



Chantal Pokam, élève en cours d’informatique,  22 ans.

Le genre ce n’est pas la femme. Ce n’est pas l’homme. C’est l’homme et la femme. C’est les deux. Mieux c’est les rapports entre les deux, rapports profondément inégalitaires que nous tous devons nous battre pour corriger, tous sans exception, à tout moment, en tout lieu, avec les moyens que nous possédons.


"…Le combat pour l’égalité de droits et d’opportunités entre  hommes et  femmes ne devrait pas être seulement l’affaire des femmes. Si les femmes ont accès aux contraceptifs, c’est une bonne chose parce qu’on renforce leur droit à l’autodétermination. Mais peuvent-elles les utiliser sans l’avis de leurs époux? Je crois que non car c’est très souvent ceux-ci qui décident du nombre d’enfants qu’ils vont avoir et parfois aussi du moment. Presque tous les hommes le font ici. Pour que les hommes donnent le feu vert pour l’utilisation de ces produits à leurs femmes, ils doivent comprendre qu’il est important pour leurs épouses, pour eux ainsi que pour leurs familles, que leurs femmes fassent une maternité sans risque. Ils doivent aussi comprendre que leurs épouses ont le droit d’opiner elles aussi du nombre d’enfants qu’elles souhaiteraient leurs conjoints parce que cela est important pour leur santé, le bien-être de la famille et celui des enfants que le couple a déjà. Je crois qu’impliquer les hommes dans ce combat devient une urgence."  Emmanuel Kamtchebu, enseignant, 40 ans.
 

  • Education


« Développer ce n’est pas parer au plus pressé avec des solutions pratiques immédiates aux problèmes. C’est trouver des solutions durables, à long terme. Des solutions transformatives. L’une d’elles, et la plus efficace, à mon avis, c’est le renforcement des capacités, c’est l’éducation qui transforme à jamais l’individu ». Théo Naus.

« Je suis convaincue que l’éducation est cette clé-là qui permet de fermer la porte de la pauvreté et d’ouvrir celle du développement, le développement durable. Eduquer et former, c’est développer durablement. ».  Céline Sika

Depuis 2002, date de sa création, AFFAMIR a déjà créé deux écoles maternelles et primaires bilingues, les écoles Kinder's House:

-une Kinder's House à Banock

-une Kinder's House à Bansoa Ville

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Elèves de la Kinder's House de Banock à la cantine


Atelier de recyclage des enseignants du primaire de Penka Michel, août 2008



Cours d’informatique pour jeunes et jeunes filles déscolarisés

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